SlutWalk France

CELA SUFFIT ! NOUS EN AVONS ASSEZ !

Plus de culpabilisation des victimes de viol. Plus d’insultes ou d’insinuations nauséabondes. Nous devons lutter contre le sexisme et les clichés liés au viol ! La honte doit changer de camp ! Non signifie Non !

Le phénomène mondial des SutWalks arrive en France où les groupes se forment pour organiser des marches sur une base solidaire.

Il est urgent d’agir ! Chaque jour, dans notre pays, 206 personnes sont violées, 1 femme sur 6 est ou sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Les violences conjugales font des ravages : tous les 3 jours, 1 femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint et 1 homme tous les 15 jours.

L’égalité entre les genres n’est toujours pas une réalité et les stéréotypes sexistes nous enferment TOUS dans des rôles limités et étouffants.
FAQ

Foire aux questions

A. Questions

Pourquoi un tel nom ? Quelles sont les origines du mouvement ?

Initiée à Toronto le 3 avril 2011, la première SlutWalk est une réponse aux propos sexistes d’un policier, Michael Sanguinetti.

Lors d’une réunion de prévention organisée sur le campus de l’université de York, il a conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des “sluts” (salopes) si elles ne voulaient pas être violées !

Ses propos ont mis 3 000 personnes dans la rue avec un mot d’ordre : rappeler qu’une victime de viol n’est jamais responsable de son agression.

Et renvoyer l’insulte à la face de ceux qui croient que « quelque part » la victime l’a plus ou moins provoquée, comme le rappelle Heather Jarvis, co-fondatrice du mouvement avec Sonja J.F. Barnett, dans cette interview.

Ce qui a commencé à Toronto se développe ensuite en mouvement d’émancipation mondial.

Les SlutWalks sont des marches et des manifestations contre le sexisme, les violences sexuelles et le dénigrement du viol. On les retrouve sur tous les continents et sous des noms différents : Marcha de las Putas, Marcha das Vadias, Walk for Respect, Marche des Salopes, Shameless Front, Marche des Effrontées… Plus de 200 villes ont ainsi organisé “leur” marche. A chaque pays correspond une situation particulière mais les racines restent identiques.

Qu’est-ce qu’une SlutWalk ou Marche des Salopes ?

- C’est une manifestation pour la défense des droits de TOUTES les victimes d’agressions sexuelles.
- Elle rappelle le droit de se sentir en sécurité où que vous alliez, quoi que vous portiez, quoi que vous fassiez.
- Elle rappelle la nécessité de pouvoir déposer plainte, sans craindre d’être jugé-e, si vous avez été agressé-e.
- Elle rappelle qu’il n’existe aucune victime de viol « type », aucun violeur « type » et que personne « ne cherche » à être violé-e.
- Elle participe à la libération de la parole des victimes. Elle est en faveur d’une meilleure communication entre les services de protection et la société dans son ensemble.
- Elle rappelle l’urgence de ne pas blâmer la victime mais de blâmer l’unique responsable de l’agression : le PRÉDATEUR.
- C’est un lieu PAISIBLE d’échanges pour inviter les gens au dialogue.
- En France, c’est l’occasion de réclamer des moyens concrets au gouvernement pour lutter contre le sexisme et prendre de nouvelles mesures pour la prévention, l’éducation, l’accompagnement des victimes et le suivi des criminels sexuels.
Vous pouvez soutenir notre action en signant notre pétition en ligne !


Qu’est-ce que n’est pas une Slutwalk ou Marche des Salopes ?

- Ce n’est pas un club privé ! Tout le monde est invité à marcher avec nous contre le sexisme et la culpabilisation des victimes d’agressions sexuelles. Quels que soient votre : genre, âge, orientation sexuelle, physique, style de vie, croyances, métiers, CSP… Vous êtes bienvenu-e !
- Il n’y a pas de « dress code » spécifique. Les participant-e-s sont invités à venir dans les vêtements dans lesquels ils se sentent à l’aise. Jupe, corset, talons aiguille, jean’s, baskets, T-shirt…
- La marche étant ouverte à TOUS, elle se veut consensuelle, politiquement neutre et tolérante. Ce n’est pas l’occasion d’imposer violemment aux autres un style de vie, une orientation sexuelle, des croyances ou des idées politiques…. Tout le monde doit être à l’aise et passer un bon moment !

B. Définitions

  1. Culpabilisation des victimes (victim-blaming) : quand les victimes d’agressions sexuelles sont explicitement ou implicitement blâmées ou rendues coupables de leur propre agression (par exemple : dire qu’une femme devait s’attendre à être violée si, au moment des faits, elle portait une mini-jupe ou si elle avait bu ou si elle avait invité son violeur chez elle etc…).
    Cela revient à dire que la victime est coupable de son agression. Qu’elle aurait pu l’éviter d’une façon ou d’une autre. On excuse ainsi le violeur en reportant la faute sur la victime.

  2. Stigmatisation sexuelle (Slut-shaming) : quand on pousse un groupe de personnes – très souvent des femmes, à ressentir de la honte et de la culpabilité à cause de leur vie sexuelle, réelle ou supposée. Des termes comme « salope » stigmatisent et déshumanisent les femmes. Cela facilite la culpabilisation des victimes par la société, excuse la violence des agresseurs et nie la justice que l’on doit aux victimes. Le double standard qui consiste à valoriser les hommes ayant une vie sexuelle riche et à condamner les femmes pour la même raison, est un bon exemple de ce phénomène. Un article à lire sur le sujet ici.

  3. Salope : terme péjoratif désignant une femme de mauvaise vie, dévergondée et débauchée. Salope est également utilisé pour dénigrer des femmes étant ou semblant être sexuellement actives, mais aussi comme un outil d’oppression sexiste, justifiant la violence sexuelle et positionnant quelques personnes comme méritant moins de respect et de sécurité que d’autres. Il y a beaucoup de termes s’apparentant à « salope » comme : « pétasse », « biatch », « chienne », « chagasse » etc…

  4. Consentement : un accord actif, non-coercitif et continuel pour s’engager dans l’activité sexuelle. Le consentement s’exprime clairement par un oui enthousiaste à une question claire. Le consentement n’a rien à voir avec le silence, un accord obtenu par la pression ou donné par une personne dont le jugement est détérioré par l’utilisation d’une substance comme l’alcool ou la drogue. Le consentement d’une personne peut être révoqué à tout moment et pour n’importe quelle raison. Seuls des adultes humains peuvent donner leur consentement.

  5. Acte sexuel : acte consensuel entre deux ou plusieurs individus dans le but d’avoir du plaisir sexuel.

  6. Agression sexuelle : tout acte de nature sexuelle, non consenti, imposé par une contrainte physique ou psychologique.

  7. Viol : agression sexuelle comprenant une pénétration. Celle-ci peut être : buccale, anale ou vaginale.

  8. Sexisme : terme apparu dans les années soixante en parallèle avec l’essor du féminisme. Ce mot, calqué sur « racisme », a pour vocation de dénoncer les croyances, valeurs et attitudes fondées sur des modèles stéréotypés et intériorisés, bref, la construction genrée de la société. Le sexisme divise les rôles, habiletés, intérêts et comportements selon le sexe. Les effets principaux sont la discrimination envers les femmes et l’aliénation des deux sexes.

  9. Misogynie : trait de caractère sexiste qui se manifeste par un sentiment d’aversion pour les femmes en général, ou une doctrine professant l’infériorité des femmes par rapport aux hommes. Elle peut être ressentie ou professée par des personnes des deux sexes.

  10. Misandrie : trait de caractère sexiste qui se manifeste par un sentiment d’aversion pour les hommes en général, ou une doctrine professant l’infériorité des hommes par rapport aux femmes. Elle peut être ressentie ou professée par des personnes des deux sexes.

  11. Féminisme : ensemble d’idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. Il s’incarne dans des organisations dont les objectifs sont d’abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont victimes.